Épisode 1 Podcast Audrey Merulla Le voyage des Initiés

Transition de vie : reprendre sa vie en main quand tout s’effondre

“Est-ce qu’on peut faire confiance à l’inconnu ? Si on n’essaie pas, comment on va savoir ?”[…]

“Est-ce qu’on peut faire confiance à l’inconnu ? Si on n’essaie pas, comment on va savoir ?”

C’est la question qu’Arpitha Savale s’est posée mille fois au bord du seuil. Et c’est peut-être la question la plus honnête qu’on puisse se poser au moment d’une transition de vie. Pas une promesse. Pas une certitude. Juste cette ouverture vers ce qu’on ne peut pas encore voir.

Pour ce 4ème épisode du Voyage des Initiés, j’avais envie de recevoir une voix qui incarne ce que j’accompagne au quotidien dans mon travail de coach : le moment où l’on décide de reprendre sa vie en main non pas parce que tout va bien, mais précisément parce que tout s’effondre. Arpitha est cheffe privée, fondatrice d’Alchimie by Arpitha, installée en France depuis 2019. Son histoire est radicale, humaine, et universelle à la fois.

Recommencer à zéro : ce que ça signifie vraiment

Dans le développement personnel, on parle souvent de transformation intérieure comme si elle arrivait après la tempête. Proprement. Une fois qu’on a tout compris, tout digéré, tout rangé. L’histoire d’Arpitha dit autre chose : la transformation se passe dans la tempête. Dedans. Pendant.

Née à Mysore, élevée à Bangalore dans une famille traditionnelle indienne, Arpitha a fait des études d’ingénieure et s’est mariée à 22 ans avec un homme de sa communauté. Sur le papier, tout cochait les bonnes cases. Dans la réalité, elle vivait sous un régime de restrictions, de mensonges et d’oppression silencieuse. Et dans une société où une femme qui dit non n’a, littéralement, pas de place, le mot divorce est longtemps resté imprononçable.

Ce que cette traversée révèle, c’est quelque chose que j’observe régulièrement dans mon travail d’accompagnement des transitions de vie : on ne quitte pas une situation parce qu’on est prêt. On la quitte parce qu’on ne peut plus faire semblant.

La honte comme montagne intérieure

Arpitha utilise une image que je n’oublierai pas : la honte comme une montagne. Une montagne qui grossit en silence pendant des années, jusqu’à occuper tout l’espace intérieur. Elle n’en a parlé à presque personne. Ni en Inde, ni en France au début. Pas par mensonge, mais parce que certaines souffrances sont trop lourdes à mettre en mots quand le regard de l’autre risque d’en rajouter.

C’est ici que la notion de résilience prend tout son sens. Boris Cyrulnik, neuropsychologue et père du concept en France, définit la résilience non pas comme l’absence de blessure, mais comme une déchirure qui se recoud. Et il insiste sur un point crucial : cette reconstruction ne se fait jamais seule. Il faut au moins une personne, un tuteur de résilience, qui croit en vous au moment où vous ne croyez plus en vous-même.

Pour Arpitha, ce tuteur inattendu a été un ami d’ami croisé en France, qui lui a simplement dit : “Tu sais, tu peux sortir.” Une phrase. Une graine. Et quelque chose, en elle, a su que c’était vrai.

Ce que la culture indienne porte comme ressource intérieure

L’une des choses qui m’a le plus touchée dans cet épisode, c’est la façon dont Arpitha parle de sa culture d’origine non pas comme d’un poids, mais comme d’un socle. En Inde, le rapport au divin, aux rituels quotidiens, à quelque chose de plus grand que soi est très ancré dans le quotidien. Dès l’enfance, Arpitha faisait sa prière le matin, allumait la lampe, méditait avec son père. Ces rituels, elle ne les a pas abandonnés dans la tempête. Ils l’ont tenue.

C’est ce que j’appelle dans mon travail de coach la conscience de soi comme ressource : cette capacité à rester en contact avec quelque chose d’intérieur même quand l’extérieur s’effondre. La spiritualité d’Arpitha n’est pas dogmatique. Elle est vivante, pratique, incarnée. Et c’est précisément pour ça qu’elle a fonctionné.

Joe Dispenza, dont le travail est au cœur de l’approche Unalome, le dit autrement : recommencer à zéro n’est pas qu’une décision mentale. C’est une reconfiguration neurologique. Chaque nouvelle habitude, chaque nouveau contexte, chaque nouveau geste crée de nouveaux circuits dans le cerveau. Ce qu’on appelle se réinventer a une réalité biologique. Et les rituels, quels qu’ils soient, sont l’un des leviers les plus puissants pour l’activer.

La cuisine comme ancre

Il y a quelque chose de bouleversant dans ce qu’Arpitha dit de la cuisine. Ce n’est pas un métier qu’elle a choisi par défaut. C’est la seule chose qui est restée d’elle quand tout le reste s’effondrait.

En Inde, la nourriture est un langage. On ne dit pas je t’aime avec des mots, on le dit avec ce qu’on prépare, ce qu’on partage, ce qu’on transmet. Pendant les années les plus sombres de son mariage, c’est dans la cuisine qu’Arpitha a mis son énergie, son attention, son amour. C’est là qu’elle a continué à exister.

Aujourd’hui, Alchimie by Arpitha, c’est exactement ça : une cuisine végétale et anti-inflammatoire qui porte en elle toute une cosmogonie, un rapport à la nature, au vivant, à la transmission. La cuisine comme chemin initiatique, comme quête de sens incarnée.

Faire confiance à l’inconnu : la vraie transformation intérieure

Au moment de basculer, Arpitha ne savait pas si ça allait marcher. Elle n’avait pas de plan B. Elle ne parlait pas français. Elle avait pour seule boussole une intuition et une question : “Est-ce que je vais regretter de ne pas avoir essayé ?”

Ce moment est au cœur de ce que j’observe dans toutes les grandes transitions de vie : il y a un instant où la logique ne suffit plus. Où les garanties n’existent pas. Et où l’on doit choisir entre la sécurité d’une vie qui étouffe et l’incertitude d’une vie qui commence.

Ce n’est pas du courage au sens héroïque du terme. C’est quelque chose de plus humble et de plus profond : une conscience de soi suffisamment solide pour faire confiance à ce qu’on ressent, même sans validation extérieure. C’est ce que j’accompagne dans chaque processus de coaching : non pas donner des réponses, mais aider à entendre les siennes.

Ce que l’histoire d’Arpitha nous dit

Les transitions de vie les plus radicales ne sont jamais que des changements de situation. Elles sont des changements de regard. Sur soi, sur le monde, sur ce qu’on est capable de traverser.

Arpitha est arrivée en France avec une checklist et un feu intérieur. Aujourd’hui, elle transmet la cuisine, les rituels ayurvédiques, et cette conviction simple que si on ne tente pas, on ne saura jamais. C’est une forme d’éveil spirituel qui ne dit pas son nom mais qui, dans les faits, change tout.

Écoutez l’épisode complet


Cet épisode est disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et YouTube.
👉 Ou écouter l’épisode du Voyage des Initiés directement ici.

Si cet épisode vous a touché, abonnez-vous, laissez une note et un commentaire sur votre plateforme d’écoute. C’est ce qui permet au podcast d’être découvert par ceux qui en ont besoin 🙏.